Business plan

Le Quoi ?

Un plan de financement en maraîchage bio ou en agriculture de façon générale, est ce possible à réaliser et surtout à respecter ?

À faire : oui

A respecter : c’est une autre chose !

Dans les systèmes non agricoles, un business plan repose sur les achats de marchandises, de services, etc.. , additionnés de notre coût d’invention, et de notre marge commerciale. Tout cela donne le prix de vente .

Est-ce possible en système agricole ?
  • Une activité agricole est une activité de production de matières premières. Ces dernières seront éventuellement transformées et commercialisées : deux étapes qui ne sont généralement pas associées à l’entreprise agricole.
  • Dans un second temps : un produit agricole ne se conserve pas quand il est prêt à être vendu , il doit être vendu, quel que soit le prix du jour . En effet, le fait de le conserver peut engendrer une perte de qualité et des coûts supplémentaires. Ex un radis, si on ne le vend pas au bon moment , il devient filandreux et au pire il pourrit . Cette caractéristique induit donc que l’agriculteur doit être en capacité de raisonner son « arrivé » de produit sur le marché. Et ce dernier, doit être en capacité de l’absorber sous peine d’être invendu.
  • Troisièmes éléments à prendre en considération : les productions agricoles dépendent du climat , plutôt des conditions de culture. C’est-à-dire 2 facteurs principaux : l’eau et la température . Ces deux éléments peuvent être contrôlés dans des serres , sinon l’agriculteur doit « jongler » avec et essayer de maîtriser les impacts sur ses productions. Cet élément (le climat) oblige le chef d’entreprise d’imaginer les probabilités d’apparition et les conséquences induites. En réalité c’est un grand joueur, il lance la bille, il essaie de la contrôler et il espère gagner. Et il fait cela tous les jours . On lui demande d’être en capacité de s’adapter au climat du jour et de trouver des solutions. Aussi pour un business plan, il doit analyser les conditions de mise en culture et être apte à élaborer des solutions si nécessaire. Cela impose qu’il maîtrise parfaitement la conduite de ses productions.
  • Quatrième point spécifique du monde agricole : la définition du prix de vente . Dans un système « conventionnel », on connaît son prix d’achat et il reste à déterminer le prix de revente. Dans le secteur agricole, il est rare que le producteur revende directement aux consommateurs (bien que cela évolue). Aussi; l’agriculteur du fait de la « périssablilité  » de sa marchandise, il vend au prix que l’acheteur veut bien lui donner ! .Le monde agricole ne détermine généralement pas son prix de vente.

Le Comment ?

Pour réaliser notre plan de financement, il faut donc

  • Identifier les investissements à réaliser (en tenant compte du contexte local) ( cela est assez facile à faire )
  • Identifier le potentiel d’acheteurs (clients réguliers, et touristes ). Il conviendrait de réaliser une étude de marché, mais cela demande beaucoup de temps et de technique . Ce facteur est une des deux clés de la réussite. Le deuxième étant
  • Connaître ses coûts, fixer son prix de vente et évaluer les quantités produites jour par jour . Cet élément stratégique du business plan suppose de maîtriser les productions, de planifier ces dernières et d’espérer que le climat ne vienne pas perturber ledit planning. À cela, le produit mis sur le marché devra correspondre aux envies du client du moment . Cette complexité impose une appropriation de connaissances et une analyse rétroactive sur la commercialisation . Cette compétence va s’acquérir par le biais de la vie professionnelle .

En résumé, un business plan « réaliste » ne peut se faire qu’après un minimum de connaissances et d’analyse du contexte local d’installation. Sinon il est théorique et non fiable.

Le Pourquoi ?

La réponse est évidente : Se convaincre et convaincre les financeurs !

  • Se convaincre : cet outil doit permettre de planifier à minima les fluctuations de trésorerie et donc la vie de l’entreprise. Il permet aussi de vérifier si l’activité est à long terme « rentable »
  • Les financeurs : Ils veulent être certains de pourvoir être remboursés

Le Quand ?

Pour le réaliser, il faut un minimum de connaissances et de compréhension des interactions possibles entre les différents éléments constituant une entreprise agricole et le lieu d’implantation.

Aussi, il doit se faire avant de valider son installation et être poursuivi au moins sur 3 à 5 ans (après cela deviendra une routine).

Mais, il est impossible à faire sauf en théorie absolue, avant la maîtrise de connaissances de production, et avant une éventuelle identification de la zone d’installation.

Le Qui ?

Pour nous, cela ne peut être que le porteur de projet et seulement lui. Il doit conscientiser ses échéances, ses charges, ses produits dans un espace-temps.

Cette conscientisation ne peut pas être délégué ( et ne devrait pas être déléguée). La mise en production sera réalisée par le porteur de projet, il doit être conscient que pour réaliser cela , il y aura obligatoirement des dépenses générées et, les recettes (dans le monde agricole) ne sont pas immédiates et demandent un cycle de production de 20 à 300 jours.

Ici, la gestion de stock et la logistique est remplacée par un cycle naturel de production : pour faire un radis cela peut prendre 30 jours, pour une pomme de terre cela peut prendre 100 jours ! Par contre, le radis ne se conserve pas , mais les pommes de terre oui!

Pour nous, il est essentiel que le porteur de projet réalise son business plan après ou pendant sa formation et surtout avant son installation

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